Observability vs Monitoring
On confond souvent visibilité et maîtrise.
Parce qu’un système est instrumenté, monitoré, observé, on suppose qu’il est compris.
C’est rarement le cas.
Les architectures modernes produisent une quantité massive de signaux : métriques, logs, alertes, tableaux de bord. Cette abondance peut rassurer. Elle donne l’impression que tout est sous contrôle. Mais, en pratique, elle déplace souvent le problème au lieu de le résoudre.
Un système peut être parfaitement observable et pourtant rester incompréhensible au moment critique.
La différence ne tient pas à la technologie, mais à la capacité d’interprétation.
Qui regarde ces données ?
Avec quel objectif ?
Et surtout : pour prendre quelle décision ?
Dans de nombreuses organisations, l’observabilité est pensée comme une fin. On accumule des outils, on multiplie les indicateurs, on empile des dashboards. Mais lorsqu’un incident survient, la question essentielle reste souvent sans réponse : qu’est-ce qui est réellement en train de se passer, et que fait-on maintenant ?
Pour un DSI ou un RSSI, l’enjeu n’est pas de tout voir, mais de savoir quoi regarder. Trop d’informations peut ralentir la décision, créer de l’hésitation, voire de la paralysie. À l’inverse, un nombre limité d’indicateurs bien choisis peut accélérer l’arbitrage et clarifier les priorités.
L’observabilité devient alors un sujet de gouvernance.
Elle oblige à hiérarchiser.
À accepter que tout ne soit pas également critique.
À distinguer ce qui informe de ce qui distrait.
Un système réellement maîtrisé n’est pas celui qui génère le plus de données, mais celui dont les signaux clés sont compris, partagés et actionnables. Le reste n’est que bruit.
À retenir
Voir est une condition nécessaire.
Comprendre est une responsabilité.
