Ressources CISM : apprendre à s’appuyer sur l’essentiel sans se disperser
Lorsqu’on commence à préparer une certification comme le CISM, l’un des premiers constats est l’abondance des ressources disponibles. Livres, vidéos, forums, groupes d’étude, banques de questions, retours d’expérience… Tout semble accessible, parfois en quantité déconcertante. Cette richesse est une chance, mais elle peut rapidement devenir un piège.
Le risque n’est pas tant de manquer de contenu que de se disperser. Multiplier les sources donne souvent l’illusion de progresser, alors qu’en réalité, on dilue son attention. La préparation du CISM demande au contraire une certaine sobriété intellectuelle. Il ne s’agit pas de tout lire ni de tout regarder, mais de choisir des ressources qui renforcent une compréhension cohérente du cadre de pensée attendu.
Dans cette optique, les supports officiels de l’ISACA constituent un socle difficilement contournable. Ils donnent le ton, la terminologie et surtout la vision sous-jacente de la certification. Même lorsqu’ils paraissent parfois formels ou denses, ils permettent de s’aligner sur le langage et les concepts de référence. Les ignorer serait se priver d’un repère essentiel.
À côté de ces supports institutionnels, certaines ressources apportent une réelle valeur pédagogique, à condition d’être utilisées avec discernement. Le travail de Peter Zerger, notamment à travers son ouvrage The Last Mile, est particulièrement intéressant de ce point de vue. Il ne se substitue pas aux contenus officiels, mais il les éclaire. Il aide à comprendre comment relier les concepts, comment éviter les contresens fréquents et comment raisonner dans l’esprit de l’examen. Ce type de ressource agit comme un guide, non comme une solution clé en main.
Les formats vidéo, souvent plébiscités pour leur accessibilité, jouent également un rôle utile. Ils permettent de varier les approches, de reformuler certains concepts et parfois de lever des blocages intellectuels. Toutefois, leur efficacité dépend largement de l’intention avec laquelle on les utilise. Consommer passivement des heures de vidéos n’apporte que peu de valeur. En revanche, s’appuyer sur une explication ciblée pour clarifier un point précis peut s’avérer très efficace.
Les banques de questions, et en particulier le QAE proposé par l’ISACA, occupent une place à part. Elles sont souvent perçues comme un simple outil d’évaluation, alors qu’elles constituent avant tout un outil d’apprentissage. Chaque question est une opportunité de comprendre un raisonnement, une hiérarchie de priorités, une logique de gouvernance. Utilisées trop tôt ou de manière mécanique, elles peuvent induire en erreur. Utilisées progressivement, en parallèle d’une montée en compréhension, elles deviennent un excellent révélateur.
Ce qui me semble fondamental, c’est de garder en tête que les ressources ne sont que des moyens. Elles ne remplacent ni la réflexion personnelle, ni la mise en perspective avec l’expérience professionnelle. Le CISM valorise une capacité à raisonner, pas une aptitude à restituer un contenu. Les meilleures ressources sont donc celles qui encouragent cette réflexion, plutôt que celles qui promettent une réussite rapide.
Apprendre à dire non à certaines ressources fait partie intégrante de la préparation. Ce choix peut être inconfortable, surtout lorsqu’on craint de “passer à côté” d’un élément important. Pourtant, la cohérence et la profondeur d’apprentissage priment largement sur l’exhaustivité. Mieux vaut quelques ressources bien maîtrisées qu’une accumulation de supports à peine survolés.
Avec le temps, cette discipline dans le choix des ressources devient presque un exercice de gouvernance en soi. Elle reflète une capacité à prioriser, à arbitrer et à rester aligné avec un objectif clair. Une compétence qui, au-delà de la certification, résonne fortement avec le rôle même de RSSI.
Dans le prochain article, j’aborderai une question souvent implicite mais déterminante : la différence entre “réussir le CISM” et “devenir réellement CISM dans sa posture professionnelle”. Une nuance subtile, mais essentielle.
